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Journée Magique!

20. February 2016

Suite du tournage de la Nuit de la Glisse 2016, après une première séquence de ski dans les Aravis, l’équipe a guetté l’évolution de la neige dans les Alpes pour se rendre sur une montagne imposante composée de nombreuses lignes très engagées. Nous retrouvons les riders présents dans les Aravis.

 

Athlètes : Loïc Collomb-Patton – Wille Lindberg - Matt Annetts

 

Carnet de Voyage – Tournage de la Nuit de la Glisse

Journée Magique

 

Point de vue de Thierry Donard, Réalisateur des films de la Nuit de la Glisse.

 

Athlètes :

Loïc Collomb-Patton – Nouveau champion du monde en titre de ski freeride, le rider français de La Clusaz repasse devant les caméras de la Nuit de la Glisse pour conjurer le sort après un accident qui avait brutalement écourté sa saison l’année dernière.

Wille Lindberg - Connu dans le milieu du ski freeride pour son style de ride agressif, il participe pour la 2ème année consécutive à la Nuit de la Glisse.

Matt Annetts - Ambassadeur depuis plusieurs années de la Nuit de la Glisse, le snowboardeur ne perd rien de son toucher de neige et revient encore plus motivé !

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Cela fait plus d’un mois que le tournage du film a débuté, et depuis trois semaines les conditions sont déplorables. Tous les jours nous scrutons avec Yann, notre ingénieur météo, les cartes et cartes météo des spots du monde entier, les Alpes évidemment mais aussi l’Alaska, le Canada, la Norvège, les Dolomites… L’Alaska présente les meilleures conditions mais c’est une expédition lourde et lointaine, après mure réflexion je prends la décision d’être patient et d’attendre encore quelque temps dans les Alpes car je sais que les conditions peuvent arriver.

Au moment où je n’y croyais plus, un régime très perturbé nous amène enfin des quantités de neige impressionnantes. En quelques jours, la montagne se transforme.

 

La pression monte alors, nous savons que les conditions s’annoncent finalement épiques mais également dangereuses. De plus, nous avons choisi de tourner des images sur la montagne même qui avait causé tant de peines et de douleurs à Loïc l’an dernier suite à son accident. Demain, il va y retourner. Matt et Wille seront également présents, cela lui apporte beaucoup de confiance.

 

Alors que le jour n’est pas encore levé, nous marchons dans l’obscurité en direction de notre point de départ. A voir le visage des autres membres de l’équipe, guides, techniciens et sportifs, je me rends compte que je suis peut-être le plus détendu. Pourtant j’ai passé une sale nuit, je n’ai pas beaucoup dormi et j’ai l’estomac noué mais je fais tout pour ne pas laisser transparaître. Loïc lui ne cache rien, il est très tendu au point d’en avoir vomi avant le départ.

Cette année j'ai décidé de placer une caméra en bas de la face car je veux capter à chaud les émotions des sportifs, je ne veux pas avoir à refaire jouer aux riders ces instants car ces moments sont tellement intenses que rien ne pourra remplacer les mots qui sortiront de leurs bouches à l’issue d’un run.

 

Nous choisissons de démarrer la journée tranquillement par une extrémité de la face plus courte ce qui nous aidera à nous faire une bonne idée de la stabilité du manteau neigeux. L’an passé nous avions fait l’erreur de démarrer trop fort, cette fois nous allons faire monter la pression progressivement.

C'est parti. Loïc ouvre le bal, je veux l’aider à tout de suite lâcher la pression. Les trois premiers runs sont exceptionnels. Ils sont tous maintenant convaincus de pouvoir aller plus loin.

Au même moment nous partageons quelques regards avec l'équipe technique, même si nous n’avons pas vraiment le temps de parler, nous savons nous sommes en train de filmer quelque chose d'exceptionnel. Ces conditions sont telles qu’on en voit une fois dans sa vie. C'est d’ailleurs ce que nous confierons nos sportifs après coup le lendemain… Nous avons finalement décidé d'aller dans la face pour être plus proche des sportifs, ce genre de prise de vue est plus engagée mais nous étions rassurés après avoir observé la neige lors des premiers runs. J’ai donc pu placer ma caméra très proche des riders pour un rendu sensationnel.

 

Puis les runs s’enchaînent, il faut profiter de cette journée, les athlètes choisissent de nouvelles lignes plus engagées sur la montagne et chacun à leur tour dévalent ces pentes vierges. Les conditions sont uniques, la neige est stable malgré un mètre cinquante de poudreuse. Les riders soulèvent des gerbes de neige tellement importantes qu’ils en ressortent recouverts à chaque virage.

Notre pilote d’hélicoptère, lui-même ancien freerider professionnel n’avais jamais assisté à un tel spectacle dans sa carrière. A mes côtés, il a été le témoin privilégié des exploits de ces sportifs qui sont parvenus à dominer leur peur pour braver des conditions dantesques. En voyant Matt surgir d’une vague de neige il n’a d’ailleurs pu s’empêcher de comparer cette face à Teahupo, la mythique vague géante de Tahiti.

 

Ce jour-là toute l’équipe a été à la hauteur. Nos guides, nos cameramen et notre pilote d’hélicoptère ont fourni un travail exceptionnel. Les conditions étaient difficiles, l’enjeu de taille, mais je suis très heureux d’avoir pu ramener des images qui je pense ne sont pas prêt d’être égalées.

 

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